l’humilitié dans l’ignorance

Au cours d’un entretien d’embauche il y a des chances que la personne qui vous recrute vous demande des choses très pointues dans l’espoir que vous lui répondez que vous ne savez pas de ce dont il s’agit.

Pourquoi cela? Pour s’assurer que vous n’allez pas partir à faire n’importe quoi au lieu de demander de l’aide pour un problème que quelqu’un d’autre aura déjà résolu dans l’équipe. pour voir si vous êtes prompt à l’enfumage quand vous ne savez pas quelque chose, tel un obscurantiste parlant couramment la langue de bois. Mais c’est aussi pour montrer votre humilité, non seulement face à l’ignorance, mais aussi vis-à-vis de la hiérarchie qui vous surplombe.

Dans le roman dystopique 1984 de Georges Orwell, notre héros se retrouve à un moment dans une fâcheuse posture où il se retrouve torturé par l’incarnation même du régime totalitaire qui a toute puissance dans cette Angleterre de fiction.

Notre héros ignore en partie comment il est torturé, et son bourreau lui pose une question très simple en lui montrant sa main « combien voyez vous de doigts ». Notre héros lui dit un nombre, qui n’est pas la bonne réponse. alors il se prend un coup de jus. Il dit alors un autre nombre. Encore raté, encore un coup de jus. Puis il finit par crier qu’il ne sait pas combien il y a de doigts en face de lui. Et ne pas savoir, c’est la bonne réponse qu’attendait le bourreau. C’est un des piliers du pouvoir en place:

la guerre, c’est la paix.

la liberté, c’est l’esclavage.

l’ignorance, c’est la force.

techniques de gestion de temps sur projets personnels

savoir gérer son temps c’est important, surtout quand on est nouvellement devenu papa et qu’on a beaucoup de mal a bien dormir depuis des mois. Mais ça fait partie d’une démarche d’amélioration continue, que l’on se doit d’employer lorsque l’on est en équipe. ce n’est pas le genre de chose où l’on peut se dire « ça y est j’ai tout pigé de comment ça marche pour le reste de mes jours », il faut savoir s’adapter et surtout refuser de faire certaines choses là maintenant pour les faire faire par d’autres, ou les faire soi même plus tard, dans un ordre éventuellement différent et réparti en de plus petites tâches à résoudre.

Vous vous attendez sûrement à un comparatif de listicle du style « dix gestionnaires de projet à absolument essayer« , ou « cinq techniques infaillibles pour gérer facilement votre PROJEEEEEEEEEEET« .

je vais vous présenter les quelques uns des plus utiles que j’ai essayé au cours des dix dernières années. Mais avant cela, il faut que vous compreniez qu’avoir des outils c’est bien, mais ça ne fait pas tout tout seul.

Laura Vanderkam vous le dira mieux que moi, quand on dit qu’on a pas le temps de faire telle ou telle chose, il serait plus juste de se dire que ça ne fait pas partie de nos priorités actuellement, et de se rendre compte que nous avons le pouvoir de modifier nos priorités.

Il ne s’agit pas de zapper les génériques des séries que l’on regarde pour gagner quinze minutes par session de deux heures de matage de série, mais de considérer l’idée qu’on pourrait sans doute faire autre chose à la place, réviser nos habitudes (hou! ça fait peur comme idée hein) qui nous donnerait davantage le sentiment qu’on emploie notre temps à des choses plus épanouissantes.

Le truc c’est qu’en fait nous avons parfaitement le temps d’avoir une vie en dehors de notre activité principale, mais que ça nous demande l’effort de savoir dire non.

Notre conférencière détaille qu’elle connaît une personne qui était tout le temps débordée, qui n’avait pas le temps de concilier vie de famille, travail, corvées, amitiés, et vie sentimentale. Pourtant, un jour en rentrant du boulot elle vit que son appartement avait été inondé à cause d’une fuite de son ballon d’eau chaude, elle trouva le temps d’appeler des professionnels pour sauver ses meubles, enlever l’eau, réparer le ballon d’eau chaude, faire garder ses enfants, trouver un autre endroit où dormir. En tout cela lui avait pris plus de 7 heures dans son agenda qui était pourtant surbooké. Quand on veut trouver du temps pour dégager son agenda c’est possible.

Oh bien sûr il est plus facile de dire aux autre qu’on a le temps de rien, parce qu’il existe une tendance à très mal voir les individus qui ne sont pas constamment surbookés, on peut les qualifier de « chômeurs », d' »assistés », de « gens qui gâchent leur vie » ou de « feignasse » au choix selon vos tendances politiques et le niveau de mépris que vous souhaitez exprimer.

vous aurez peut être remarqué également que ceux qui se tuent au travail sont mieux considérés que ceux qui arrivent à le faire aussi bien, mais sans souffrir. Comme si souffrir était une chose bénéfique en soi. Tiens donc, mais est ce que ça aurait un rapport avec l’étymologie du mot travail qui désigne à l’origine un instrument de torture, en plus de nommer la période de souffrance d’une mère pendant un accouchement ?

Petite astuce de vie en société:
si à chaque fois que vous invitez une de vos connaissances à vous voir et qu'ils vous disent qu'ils ne peuvent pas parce qu'ils n'ont pas le temps sans jamais proposer de créneau alternatif, c'est qu'en fait ils ne tiennent pas du tout à ce que vous vous voyez. Voilà, c'est cadeau. Vous pouvez maintenant vous concentrer sur des relations plus saines.

Revenons à notre gestion de projet perso. on parle donc de projets qui nous tiennent à coeur et dont on est plus ou moins le seul maître à bord, parce que dès lors que l’on est plusieurs sur un même projet je ne recommanderai pas de penser la gestion de la même façon.

Faire du ménage dans les sollicitations

Vous pouvez bien tenter d’entreprendre ce que vous voulez, si vous êtes sans cesse disponible pour toutes les autres sollicitations du monde vous n’irez pas bien loin.

Vous pouvez déjà désactiver les notifications de votre boite mail, de votre navigateur, de vos messageries (facebook, instagram et twitter en tête). Si ce sont des choses que vous consultez souvent vous n’avez pas besoin en plus qu’ils viennent vous le demander toutes les cinq minutes. ça vous demandera quelques secondes d’aller voir dans les paramètres et de décocher « notifications », vous permettra de reprendre le contrôle sur votre vie en moins de deux, et d’avoir une paix plus durable.

Mieux encore, utilisez unroll.me afin de vous désinscrire en masse de plein de newsletter dont vous n’avez rien à foutre et qui vous pourrissent les boites mails tout en vous sollicitant indéfiniment. Vous pourrez aussi regrouper les newsletter qui vous intéressent afin de n’en recevoir qu’une seule groupée par jour au lieu de cinq ou cinquante et de fouiller à chaque fois pour trouver le bouton « unsubscribe ».

Sur le net il vous arrive sans doute comme moi d’ouvrir plein d’onglets, tenté par l’envie de lire des trucs, de voir des illus, de chercher l’inspiration, de vouloir comprendre le monde, surtout depuis l’époque où j’ai découvert qu’on pouvait le faire en cliquant avec la molette de la souris sur un lien.

Avec le temps j’ai pris l’habitude de savoir les refermer rapidement, au lieu de les accumuler.

Mais il y a encore mieux: vous pouvez sauvegarder les pages web comme si vous les mettiez dans votre poche, pour les lire plus tard, plutôt que là maintenant où ce n’est pas super opportun. Il existe des services comme ça, je vous recommanderai donc de vous faire un compte sur Wallbag qui contrairement à Pocket, n’héberge pas tout ce que vous lui donnez aux States mais en France, ce qui vous permet de conserver bien mieux votre vie privée.

En plus vous pouvez y relier un agrégateur de flux rss (comme thunderbird qui gère aussi les emails) pour réunir en un même endroit les actus des sites que vous suivez déjà sans avoir à faire le tour sur ces sites un par un.

Aménagez un espace privilégié pour réaliser votre projet du moment. Avoir un bureau, un jardin ou un garage selon ce que vous voulez faire, avec un espace disponible est vital si vous voulez pouvoir vous mettre à quelque chose sans avoir à chaque fois à déblayer cet espace ou à réaliser des opérations de maintenance qui devraient être faites par d’autres personne.

exemple de bullet journal ou BuJo

Il existe des tas d’outils pour s’aider à gérer son temps, (à commencer par une simple feuille de calcul, mais c’est loin d’être idéal comme on va le voir plus loin).

En ce moment c’est le bullet journal qui a le vent en poupe, sauf que personnellement ça me semble trop contraignant pour avoir un réel avantage dans une gestion au quotidien. Mais pourquoi donc ?

Pourquoi le BuJo c’est vraiment pas terrible

Parce que quand on a du mal a gérer ses projets perso, c’est très souvent parce qu’on a aucune discipline, aucune visibilité sur l’avancement de ce que l’on fait, et qu’on ne sait pas par où commencer ce qui nous reste à faire. Or, tenir à jour un carnet en papier en plus de ce que l’on fait déjà demande précisément de la discipline.

C’est du papier. ça veut dire que vous devez le ballader avec vous tout le temps ou presque, et le jour où vous le paumez vous avez l’air malin, et c’est pareil avec n’importe quel cahier. Le BuJo n’invente rien de neuf, mais comme c’est joliment vendu et plein de promesses ça marche. Enfin, en quelque sorte.

Je ne vous dis pas qu’il faut bannir tout carnet de cette sorte, ça peut être un bon moyen de reprendre sa vie en main bien sûr, mais en ce qui concerne la gestion d’un projet qui doit avoir un début, un avancement, des remaniements, une gestion du truc par plusieurs personnes et un objectif ça ne risque pas de faire l’affaire, car un bullet journal, ce n’est pas le genre de truc auquel on dédie un seul projet. Et donc, on se retrouve avec de la distraction, du bruit.

une règle d’or est de n’utiliser qu’un seul de ces outils par projet, sinon c’est le bordel. vous pouvez en être certain.

Donc perso, j’utilise plusieurs outils selon la complexité du projet. voici lesquels.

Pour les choses simples

une simple liste de trucs à cocher une fois fini suffit.

Par exemple pour se faire une liste de course, noter une idée, marquer un truc à faire qui ne nécessite pas de rangement, ou rédiger un texte avec une photo prise en live sur son tel en se disant qu’on pourrait faire un billet de blog plus tard.

L’idéal est d’utiliser son téléphone que l’on a très souvent sur soi pour noter des idées quand on les a et de les consulter régulièrement.

J’utilisais Google Keep qui a une appli et une add-on de navigateur hyper pratique et intuitive, mais je me soigne de google en utilisant à la place l’appli DS Note Station de Synology (capture d’écran version mobile ci contre), qui est donc synchronisée avec mon NAS de la même marque. Mais si vous n’avez pas de NAS et que vous avez à cœur votre vie privée, framasoft propose Framanotes qui fonctionne avec l’appli Turl sur téléphone. Et ils proposent aussi tout un tas de logiciels libres (vous connaissez surement déjà Firefox) pour remplacer des applis de géants du web qui comme Apple, Google, Facebook, Amazon et d’autres s’amusent à revendre vos données contre des milliards de dollars à des tonnes d’entreprises pour en faire des choses vraiment pas jolies jolies.

Pour les gestions de trucs à faire un brin plus complexes.

une feuille de calcul en ligne c’est bien pratique. On a utilisé ça pour faire les fanzines de www.qzine.fr. et gérer les points de discussion ainsi que la proportion d’avancement sur chaque sujet pour la construction de notre chez nous. On peut évaluer à chaque chose à faire un pourcentage d’avancement, désigner un resposable, un co-auteur, avoir un statut de l’avancement, et prioriser les choses si on veut en déplaçant les lignes les plus urgentes à faire vers le haut de la pile.

Beaucoup de logiciels de tableur comme google sheets, libre office ou framapad permettent de bosser a plusieurs sur une fiche, mais la lisibilité devient vite difficile. et on se retrouve a devoir faire des tâches répétitives comme remplir des dates tout le temps.

Redbooth a été pendant des années un de mes outils préférés.

Trello est très chouette aussi pour détailler les choses et bosser à plusieurs. On définit des colonnes, on écrit des cartes, et on les glisse/dépose dans la colonne qui va bien. On crée ou supprime des colonnes au gré des besoins.

Par exemple, pour faire une bande dessinée, on peut faire une colonne par étape (idée, crayonné, propre, numérisé, typo à faire, à assembler, à réviser, fini), puis une carte par page et on fait bouger nos cartes quand une étape est faite. Si besoin de retouches, on fait retourner la carte d’une page dans une colonne en arrière.

Ainsi on a une vision globale, plus on a de cartes dans les colonnes à droite, plus on sait que notre projet est avancé.

Pour les vrais projets

Pour les trucs qui nécessitent du suivi détaillé, plein d’intervenants et de la vision à plusieurs échelles d’avancement il vaut mieux taper dans les systèmes de tickets du style Pivotal tracker, Jira, Trello. Des outils bien connus des développeurs de logiciel.

Il faut juste les configurer de sorte que vous ne passiez pas vos journées à rentrer des tickets, et que cela soit réellement un bon investissement de temps.

Ces outils utilisent des notions de projet agile, axés sur la tendance réaliste d’une gestion de projet au gré du sens du vent impliquant l’intégralité des personnes intervenant dans sa réalisation.

Et vous, c’est quoi vos techniques pour faire aboutir vos projets et vous améliorer ?

faire ses factures avec libreOffice ou google sheet

Libre office est la suite bureautique gratuite fournie de base sur ubuntu et disponible pour toutes les plateformes.

Si comme moi vous avez longtemps galéré a trouver le logiciel ultime pour faire des factures un tant soit peu sérieuses, sachez qu’il est tout a fait valable d’utiliser un simple tableur capable d’exporter en pdf ses fichiers.

Faire des factures constitue des calculs simples mais relou à reporter dans un fichier. Pour une AE ça va, mais quand vous changez de structure pour une SARL ou une EIRL, ou une EI, ou une SAS, ou JEEJ, vous aurez sans doute a faire de savants calculs de TVA. D’aucuns vous diraient d’investir dans des service de comptabilité en ligne, mais vous pouvez faire déjà énormément de choses avec un seul fichier de calcul. Faire ses feuilles de calcul n’exclue pas de faire appel à un pro de la comptabilité, c’est d’ailleurs ce que je fais régulièrement et c’est ultra conseillé dès qu’on a une structure qui sort de l’auto entreprise. Si vous êtes en AE, ça pourrait aussi vous servir. Dans tous les cas commencez à trier vos paperasses administratives minutieusement sur votre ordi, et faites vraiment des backups.

Ce que j’ai donc fait c’est un fichier de calcul sur google sheets afin de pouvoir le modifier de plusieurs gens à la fois, mais surtout de plusieurs endroits différents avec de merveilleux graphiques et l’exporter en format ouvert .odt , lisible par libre office par exemple. Ce fichier contient plusieurs feuilles dont chacune a un seul but:

  • statistifier mes dépenses perso et pro sur le long terme (en utilisant les cellules des autres feuilles du classeur)
  • compter mes kilomètres parcourus au nom de mon activité
  • compter mes déjeuners
  • compter mes factures
  • mes paiements trimestriels à l’URSSAF
  • mes achats au nom de l’entreprise
  • prévoir la disponibilité de ma trésorerie sur le long terme en majorant mes dépenses moyennes
  • exporter une facture en pdf.

On va surtout s’intéresser aujourd’hui au contenu de la feuille permettant de remplir les infos pour faire les factures et les envoyer à votre client avant la fin du mois.

les lignes se présentent ainsi:

objet N° client dans l’année majuscule de clients commentaire tarif jour HT tarif jour TTC jours facturés congés jours ouvrés date start date end ce mois à venir HT TVA TTC prévu fait reçu retard val charges facture envoyée le délai jours attendu reçu diff date mois trimestre n° facture moyen

Dans cette première feuille, une ligne correspond à une facture. Petite subtilité chez google drive, les dates ne sont pas écrites de façon classique (croissante) jour/mois/année , mais de façon bourrée dégueulasse signée Murica mois/jour/année.

Quelques fonctions vachement bien (à chaque fois je vous donne la version google sheet, puis la version libre office en français si c’est différent, qui traduit aussi ses fonctions et a quelques différences de notation, notamment des virgules qui deviennent des points virgules, et des noms de fonctions découpées par des points):

Avoir le nombre de jours ouvrés entre deux choix dans la date:

=NETWORKDAYS( date_début, date_fin )

=NB.JOURS.OUVRES( date_début ; date_fin)

Utiliser SI, pour ne pas avoir des cases provoquant des erreurs. par exemple si on a des jours ouvrés à facturer, calculer le tarif hors taxes, sinon afficher du vide.

=IF( nombre_de_jours_ouvrés , nombre_de_jours_ouvrés*tarif_jour_hors_taxes , «  »)

=SI( nombre_de_jours_ouvrés , nombre_de_jours_ouvrés*tarif_jour_hors_taxes , «  »)

Calculer la date prévue d’arrivée du paiement est plus facile que ce qu’on pourrait croire. Enfin, une fois le calcul fait il reste a bien formater le résultat sous forme de date.

=date_envoi+délai_paiement_en_jours

N’oubliez pas qu’un délai de paiement est toujours un truc négociable, qu’il est en moyenne de 30 jours continus (c’est pas pareil que des jours ouvrés) après l’envoi de votre facture à la fin du mois ouvré. Mais il peut aussi plus étendu jusqu’à 60 jours, ou être bien plus rapide: « à date », voire être réglé en partie ou en totalité (plus rare) en avance. Il arrive par exemple que je demande 30% d’avance pour des missions très courtes.

Ajouter 20% au tarif hors taxes (ma TVA reste a 20% car je fais de la prestation de service, et non de la vente de marchandises)

=tarif_ht+tarif_ht*0.2

Voilà, avec ça vous avez déjà tout ce qu’il vous faut pour faire des lignes de facture.

Plus complexe, on va trouver le trimestre correspondant à la date de réception d’un paiement pour une facture.

=ROUNDUP( MONTH(date_reception)/3,0 )

=ARRONDI.SUP( MOIS(date_reception)/3;0 )

Avec ce trimestre on va ensuite pouvoir faire des sommes conditionnelles des paiements reçus par trimestre avec la fonction Somme.si.

=SUMIF( plage_pour_critère ; critère ; plage_de_somme_si_critère_vrai )

=SOMME.SI( plage_pour_critère ; critère ; plage_de_somme_si_critère_vrai )

Faites gaffe à ne pas utiliser la même colonne pour la date d’estimation de la réception et la réception réelle. Vous pourrez ainsi déduire les retards de paiement et savoir à qui vous devez mener la vie dure facilement et faire valoir vos indemnités de retard au tarif légal. (Ne bossez jamais avec de mauvais payeurs. Indiquez clairement la date d’exigibilité sur vos factures, car des surplus pour cause de retard, l’URSSAF ne se gênera pas de vous en donner)

Pour mettre à jour le contenu de cette feuille j’ai utilisé plusieurs fonctions qui font références a des concaténations de contenus d’autres cellules afin de faire par exemple, une phrase rassemblant « facture n° » et le n° de la ligne dont je souhaite exporter une facture.

si F1 est le numéro de facture contenant 1234

=CONCATENATE(« Facture n° « ,F1)

=CONCATENER(« Facture n° « ;F1)

cela vaut facture n° 1234

Mettons que la ligne de ma facture à faire pour ce mois ci soit la 42e sur ma feuille nommée compta.

Je dois donc placer dans ma facture une référence vers le tarif TTC total de la ligne 42, qui se trouve donc dans la cellule T42. Mais comme je suis dans une autre feuille il faut dire aussi dans quelle feuille prendre notre numéro de cellule.

=« compta!T42 »

= »compta.T42″

Mais je devrai aussi l’écrire pour les autres mentions obligatoires d’une facture. la quantité de jours ouvrés, le tarif hors taxes, le tarif ttc, la tva, le total hors taxe, la date du jour…

=TODAY()

=AUJOURDHUI()

Mais ce serait un peu trop fatiguant de modifier une dizaine de références à chaque fois que je veux faire une facture.

j’ai donc utilisé la fonction INDIRECT() afin de variabiliser les références dans ces formules dans ma facture. de cette façon je n’ai qu’une seule cellule à mettre à jour pour changer toutes les références de ma facture.

Pour cela je me fais une cellule remplie de la ligne de la facture que je veux réaliser, je prends une case, L1, et je mets dedans 42. Ensuite, avec indirect() je vais pouvoir utiliser le résultat de cette cellule pour fabriquer une formule. Je n’aurai plus qu’a réunir compta!T et 42 pour obtenir le résultat de compta!T42.

=INDIRECT(CONCATENATE(« compta!T », L1))

ce qui calculera:

=« compta!T42 »

et si je change la case avec marqué 42 dedans en 43 pour voir la facture suivante, ça calculera

=« compta!T43 »

nickel non?

Vous pouvez aussi faire les choses encore plus proprement en créant une feuille exprès pour ces calculs à placer dans la facture pour ne pas encombrer la page de facture.

Il ne reste plus qu’a faire « fichier > exporter en pdf » et choisir de limiter a la feuille courante (celle de la facture) cacher le quadrillage dans les options d’export, choisir l’orientation en portrait pour avoir votre facture toute belle toute calculée les doigts dans le nez. Bon, il faudra sans doute que vous joueiez sur les tailles des cellules afin de remplir une feuille A4 pour que ça soit propre, mais à tâtons d’exportation vous y arriverez en deux minutes maxi.

Et si vous êtes un warrior des feuilles de calcul vous pouvez auto remplir la ligne désignant la facture selon la date courante en utilisant des comparaisons entre TODAY() et les dates de début et de fin des jours ouvrés.

Joyeux noël!

ne vous dites pas programmeur

monkey job
monkey job

Dans son article Don’t call yourself a programmer, Patrick McKenzie donne des conseils de gestion de carrière pour toute personne exerçant dans le métier, en comparant les légendes scolaires et le marché de la vraie vie de Auchan où parler d’argent est une phobie et savoir négocier fait peur.

Voici quelques sujets abordés:

90% des boulots de programmation sont des programmes réservés à l’usage interne d’entreprises. Ils consistent principalement à faire des CRUD plus ou moins ennuyeux. Ne vous attendez donc pas à des challenges techniques à tout bout de champ.

Les ingénieurs sont embauchés pour apporter de la valeur à un business, soit en lui faisant gagner de l’argent soit en lui permettant d’en dépenser moins. pas pour programmer des trucs.

Ne vous appelez pas un programmeur. « programmeur » sonne comme « péon anonyme qui coûte cher pour taper du biduule-chose dans un autre bidule-chose « .

Vous n’êtes pas défini par la stack logicielle que vous connaissez. Les personnes qui ont besoin de vos services n’ont que faire du langage et des frameworks que vous utilisez du moment que vous améliorez leur business.

Vos collègues et supérieurs ne seront habituellement pas des amis, et en conséquence vous demanderont de faire des choses que jamais des amis ne vous demanderaient.

Vous surestimez radicalement le talent moyen dans la compétition à cause des personnes qui vous entourent professionnellement.

« Voir une annonce, envoyer un CV, aller à un entretien, recevoir une offre » est l’exception, pas la règle, pour obtenir un emploi.

Le réseau, ce n’est pas que pour les paquets TCP.

Les études supérieures ne sont pas représentatives du monde réel. (Comme dirait Coluche « le commissaire de l’armée il me dit: on ne vous apprend rien à l’école? j’y répond : ben non, mais si vous y aviez été vous le sauriez)

antoine daniel approuve

(PO PO POOOOOOO!!)

Combien gagnent les ingénieurs? Mauvaise question. La bonne question c’est « pour quels genres d’offres est ce que les ingénieurs travaillent-ils?« , car le salaire est un des nombreux leviers que les gens peuvent utiliser pour vous motiver. La réponse à cela, pas des plus utiles est, « les opportunités sont aux quatre coins de la rue ».

Les personnes douées en négociation gagnent plus que celles qui ne le sont pas.

Patrick ajoute que si il était un complotiste Marxiste, il dirait que c’est une construction sociale en faveur des entreprises afin de toujours gagner plus sur le dos de leurs employés en toute impunité. 😀

a marxist utopia
un t-shirt de marx dessiné par Zach Weiner

Comment devenir meilleur en négociation? (large sujet que Patrick développe dans plusieurs autres posts) En lisant des manuels sur le sujet, en améliorant ses compétences verbales, en écrivant, en croyant en ce que l’on a à offrir, en étant curieux. C’est une compétence qui vaut jusqu’à plusieurs (centaines de) milliers d’euros chaque année de toute votre vie.

Est ce que les startups sont géniales pour commencer votre carrière juste après les études? non. il vaut mieux commencer par des grosses entreprises qui vous permettront d’améliorer votre réseau sans faire peser sur votre dos tout le poids de la structure statup qui a 80% de chances de faire faillite dans les trois ans sans en avoir les avantages. Les startups peuvent être géniales, mais clairement pas pour commencer une carrière en sortant de l’école.

Votre compétence professionnelle la plus importante est la communication: Vous vous rappelez que les ingénieur-e-s ne sont pas embauchés pour créer des programmes mais pour créer de la valeur dans un business? La qualité dominante qui vous donne les boulots est votre habilité à donner aux gens la perception que vous allez créer cette valeur. Ce qui n’est pas nécessairement corollaire de votre habilité à créer de la valeur. Vous pouvez être un dieu du programme super efficace, si vous ne savez bien vendre vos idées personne ne voudra vous les acheter.

(L’auteur déplore d’ailleurs que les ingénieurs ont pour la plupart énormément de mal à tenir une simple conversation entre collègues tant ils ont des difficultés orales handicapantes. on tombe un peu dans un trope de mauvais film mettant en scène des informaticiens clichés, mais c’est vrai que c’est peu fréquent de croiser des gens très à l’aise en expression orale)

On vous appellera fréquemment pour faire le vendeur d’entreprise et d’autres trucs que vous cherchiez précisément à ne pas faire en étant ingénieur.

La modestie n’est pas un trait de caractère permettant d’améliorer votre carrière. Si vous avez contribué à quelque chose de bien pour votre carrière, ne vous en cachez pas, et ne réduisez pas l’importance de votre rôle.

Toutes les décisions de business sont faites au final par un ou une poignée d’organismes multi-cellulaires proches du chimpanzés, par par des règles ou des algorithmes. (à une vache près, il suffit de voir combien pèsent les algos de google dans le monde. ce que veut dire notre ami c’est que les décisions sont toujours politiques, mêmes quand elles n’en ont pas l’air ou qu’on vous dit que ça n’a rien de politique)

à la fin de la journée, la joie que vous ressentez dans votre vie n’est pas dominée par votre carrière. S’épanouir dans son boulot est important, mais par pitié ayez une vie en dehors de votre travail sans attendre que ça tombe du ciel.