Archives de catégorie : vie numérique

quelle messagerie instantanée libre pour rassembler le monde

Comment communiquer avec ses proches ou des inconnus, de façon vraiment sécurisée par défaut, sans se faire pister en permanence par des entreprises qui asservissent l’humanité, sans avoir à être un fondu de la ligne de commande, et que ça soit utilisable au quotidien ?

La mode qui passe

Selon Stéphane Bortzmeyer, bien que les gens semblent coincés dans l’utilisation d’un logiciel en particulier pour communiquer, les modes passent et les gens s’inscrivent massivement à un nouveau truc plein de paillettes tous les cinq ans environ. Ce ne sont pas les propriétés des logiciels qui sucitent la mode, comme le fait qu’ils soient facile a utiliser, beaux, pratiques, gratuits, permettant de s’envoyer des gifs, de faire de la visio conférence a cinq cent à la fois, hé non. c’est parce que des gens influent ont fait croire à suffisament de monde que ça valait le coup, pour qu’émerge un effet de réseau.

L’effet de réseau (ou rarement effet-club) est le phénomène par lequel l’utilité réelle d’une technique ou d’un produit dépend de la quantité de ses utilisateurs. “J’y suis et j’y reste parce que tout le monde est là”.

Ou plus précisément, j’y suis jusqu’à ce que quelqu’un d’assez influent sur moi m’ordonne de le suivre ailleurs. C’est pénible à reconnaître, mais dans nos fréquentations, certaines personnes vont avoir une posture hiérarchique sur nous, et nous sur eux. Il est clair que pour certaines personnes avec qui on communique, il est très facile de les convaincre de n’importe laquelle de nos convictions et leur faire adopter une pratique similaire à la notre pour beaucoup de sujets, pour d’autres cela relève de la mission impossible, et pour encore d’autres ce sont eux qui nous font changer de comportement sans que l’on se sente légitime à remettre en cause cette domination. Le mot fait peur, mais c’est une réalité.

Ainsi, lorsqu’un service basé sur le capitalisme de surveillance (théorisé par Shoshana Zuboff) obtient un effet de mode, il devient cool de faire la promotion de ce service et de se porter garant de sa communication en criant à qui veut bien l’entendre qu’on a un compte dessus, comme si la coolitude du dit service était aussi un peu la nôtre, de la même façon que l’on partage son engouement à soutenir un club de sport. On ne soutient pas un membre en particulier, mais une équipe, quand bien même cette équipe ne comporte plus une seule des personnes de l’époque où on l’a connu. On a alors une approche dogmatique de ce qu’il convient de suivre et la remise en question du dogme devient difficile au fur et à mesure qu’on en fait la promotion en demandant de ne pas le remettre en question. Bref, on se tire une balle dans le pied quand on soutient une cause si on ne nous autorise pas à la comprendre ou a la questionner.

D’un autre côté, pour gérer leur identité en ligne, beaucoup de gens ont toujours en usage une ou deux très vieilles adresse e-mail, créé il y a fort fort longtemps avec un mot de passe tout pourri de 5 caractères et un chèque en blanc au fournisseur d’e-mail pour tout savoir de nos communications et de notre graphe social. C’est le cas pour Gmail mais aussi pour n’importe quel fournisseur d’e-mail qui ne pratique pas par défaut un chiffrement intégral et de bout en bout.

Des boites comme Protonmail ou Tutanota le font de façon ultra simple pour les utilisateurs, tout en gagnant leur pain avec des abonnements et des donations. Des gens qui s’auto-hébergent peuvent aussi le faire sur leur propre ordinateur, mais c’est long, difficile et demande beaucoup de montée en compétences. Dans thunderbird il existe l’extension Enigmail qui permet de faire les choses plutôt facilement, mais là aussi ce n’est pas par défaut. L’e-mail reste la base de l’identité numérique sur le web et c’est bien souvent la première chose qu’on vous demande pour créer un compte quelque part. Comme tout le monde a au moins une adresse email, ça pourrait servir à communiquer.

Le souci de l’inscription

S’incrire à un service est une chose pénible, en général. Enfin, sauf si on sait utiliser un gestionnaire de mot de passe 😉

De ce fait, fournir une identité qui vous permet de vous connecter a un site “via” un autre pour lequel vous avez déjà un compte, devient un grand atout face à la flemme. Google et Facebook l’ont bien compris et fourni de quoi faire en sorte de se connecter à des millions d’autres sites via leur Single Sign On, qui leur permet de savoir et de contrôler qui se connecte à quoi, et comment.

Partant du principe que “tout le monde a un smartphone”, certaines messageries comme Signal ou Telegram ont d’ailleurs fait le pari de prendre un numéro de téléphone comme base de l’identité, et non pas un email ou un autre compte. Ce qui facilite l’inscription, permet de retrouver tous ses contacts très facilement, et permet de sortir de Whatsapp, filiale de Facebook, très simplement en pratique.

ça permet aussi de faire du commerce d’une donnée identifiant une personne de façon assez forte partout dans le monde (le numéro IMEI, le VIN du téléphone, l’adresse MAC, l’identifiant publicitaire adwords ou facebook), et de compter sur un fournisseur d’identité à l’international déjà existant: les services télécom.

C’est votre numéro IMEI qui permet à votre opérateur Français de vous dire « coucou, vous venez de passer la frontière, voilà comment ça se passe le roaming et voici les tarifs » ou encore « bienvenu dans tel pays, on est trop sympa de vous facturer seulement 7€ la minute si vous appelez vers la France métropolitaine »

La mort des entreprises

Un logiciel privateur, (et donc fermé à la contribution et à l’audit du fonctionnement par des gens externes à l’entreprise) maintenu par une entreprise n’est pérenne que tant que ladite entreprise qui le maintient décide de faire bosser des gens compétents dessus… et que l’entreprise elle même reste en vie. Si un des deux disparaît, c’est fini. Pas forcément tout de suite, mais très rapidement. N’allez pas croire que c’est réservé aux petites entreprises et admirez donc le nombre de logiciels tués par Google sur son cimetière, qui propose également des alternatives.

Contrairement à un logiciel libre, qui peut parfaitement survivre à ses créateurs et être repris par d’autres, tant qu’il reste accessible à la communauté. C’est pourquoi tout mettre sur Github, détenu par Microsoft et uniquement là bas est forcément une bêtise. L’enjeu de la pérennité de la forge logicielle et du partage des sources sous une licence adaptée est donc toute aussi importante. C’est ce qui fait que github et NPM ont été rachetés par Microsoft, et Gitlab par Google.

La messagerie par dessus l’email

Deltachat fait ça, à la façon dont Silence le fait avec les SMS sans utiliser ses données mobiles, c’est un bon moyen de communiquer chiffré de bout en bout sans attendre que le protocole qu’on utilise implémente correctement un protocle de qualité.

Communiquer avec ceux qui n’ont pas de compte

L’enjeu d’une communication globale et privée est donc de taille, et ne saurait passer par un service centralisé sujet à la mort ou au bon vouloir des actionnaires d’une entreprise.

Suite à une conférence de uwu et owo à Pas Sage en seine 2019, j’ai lancé un sondage recensant quelles sont les messageries pour lesquelles vous avez un compte.

les modes changent vite dans le domaine, et mon sondage n’est déjà plus représentatif de ce qui se pratique.

Bref, on est pas sortis des ronces, peut être qu’un jour on fera comme en chine et tout le monde se mettra d’accord pour que toute notre vie et donc nos communications soit entièrement régie par un homme du milieu autoritaire pour ne pas avoir de choix et n’utiliser qu’une seule messagerie sur laquelle il a entièrement la main. Mais heureusement, ce jour n’est pas encore arrivé, et si on veut une messagerie libre on a le choix.

Personnellement j’utilise un mix de messageries en tentant avec plus ou moins de succès de faire des ponts entre chaque en montrant qu’ils existent et quels sont les avantages aux gens qui l’ignorent. Notamment en leur apprenant qu’il ne faut pas croire qu’utiliser un outil nous protège de tout et conviendra forcément à nos besoins, contrairement à ce que des campagnes de com et d’influence passent leur temps à nous rabâcher. Après il faut reconnaître que des outils comme Signal et Protonmail sont vachement bien foutus et qu’énormément de gens ont significativement amélioré leur sécurité et confidentialité de communication rien qu’en les adoptant, malgré leurs défauts.

Comme dirait un grand philosophe: « y’a tout le monde sur ta messagerie? ça veut dire les tueurs en série, et les pervers? je veux surtout pas y aller! »

On dirait du Elon Musk qui parle des transports en commun, mais non, c’est Vdubs qui fait la promotion des messageries libres 😀

Et vous, qu’utilisez vous?

https://framaforms.org/quelles-messageries-instantanees-de-groupe-utilisez-vous-1589371245

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Lister tous ses dossiers photos avec nodejs

Pour avoir une rétrospective des évènements auquels j’ai pris des photos, rien de tel qu’un bon listing récursif de dossiers photos.

Il se trouve que pendant un moment j’ai séparé mes photos dans des dossiers correspondant aux dates des évènements, ce qui est loin d’être optimal en terme de navigation et d’information associées. Depuis que j’ai mis en place un système de tags sur les noms de fichiers je fais en sorte de sortir de ce principe d’informations localisées dans le chemin du fichier.

la commande tree permet de faire un listing récursif de tous ses dossiers, mais c’est plus marrant de voir comment faire ça en nodejs.

Voici donc un script pour faire ça sur 3 niveaux de profondeur à partir d’un chemin prédéfini, celui de la base de nos photos:

https://forge.chapril.org/tykayn/scripts/src/branch/master/folder-listing-node/index.mjs

plus qu’à faire le lancement du script et sauvegarder la sortie de console dans un fichier texte pour voir ce que l’on a fait comme sous dossiers d’évènements.

node index.mjs > dossiers_liste.txt

on pourrait ensuite s’amuser à créer des tâches orgmode avec la date prise dans la hiérarchie de fichiers afin de les faire apparaître dans notre agenda, ou dans un rapport annuel utilisant nos fichiers orgmode, mais ça demande à ce que le cheminement des évènements ait été décrit de façon cohérente.

Havez fun!

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Renommer des photos selon leur nom de dossier parent

C’est pas le tout d’avoir plein de photos rangées selon leur évènement dans une liste de dossiers décrivant ces évènements, si on veut que les informations de ces évènements soient dans le nom de fichier et que ça soit tagué correctement pour pouvoir les retrouver facilement, il faut de bons outils pour ça.

J’ai ceci:

/photos/2023/01 evènement bidule/0001.jpg
/photos/2023/01 evènement bidule/0002.jpg
/photos/2023/01 evènement bidule/0003.jpg
/photos/2023/02 festival truc/0001.jpg
/photos/2023/02 festival truc/0002.jpg
/photos/2023/02 festival truc/0003.jpg

Et je souhaite avoir cela:

/photos/2023/01 evènement bidule 0001.jpg
/photos/2023/01 evènement bidule 0002.jpg
/photos/2023/01 evènement bidule 0003.jpg
/photos/2023/02 festival truc 0001.jpg
/photos/2023/02 festival truc 0002.jpg
/photos/2023/02 festival truc 0003.jpg

Voici justement un petit script pour ça confectionné dans ma cuisine: Rename File Folder.

Pour l’appeler facilement, un petit alias bash et zou, rff fera le taf dans tout le dossier courant de votre terminal.

Dans votre fichier ~/.bash_aliases:

alias rff="python /home/Nextcloud/ressources/workflow_nextcloud/files_management/rename_photo_folder.py" # mettez votre script où vous voulez

https://forge.chapril.org/tykayn/scripts/src/branch/master/bash/file_management/rename_photo_folder.sh

https://forge.chapril.org/tykayn/scripts/src/branch/master/bash/file_management/rename_photo_folder.py

et tadam, vous aurez votre renommage en masse.

Comme toujours, il vaut mieux tester les renommages de fichiers en masse sur de petites portions de copie de fichiers.

 

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Fuite de l’algorithme des flux d’actualité de Mastodon

La nouvelle est tombée ce Lundi 10 Avril 2023, le code source de Mastodon a fuité.

Grâce à mon expérience de SEO Manager expert en gestion géopolitique des tags je vous raconte ici ce qu’il faut retenir afin que vous gagniez un maximum d’argent en moins de 24h avec votre compte Mastodon. Tout d’abord je tiens à remercier mes sponsors, l’OSINT et les Anonymousse sans qui rien de tout cela n’aurait été possible, je vous en dirai un peu plus en fin d’article, alors restez thuné et n’oubliez pas de lâcher vos commz et des brouzoufs, tant vous allez devenir riche sur internet avec votre page Mastodon!

Ça n’a pas pu vous échapper tant les journaux n’arrêtent pas d’en parler, c’est juste dément:

Voilà ce que vous devez faire pour gagner un max de pognon sur Mastodon: avoir des gens qui vous donnent du pognon. Et pour ça il faut se fondre dans la culture du milieu propre à la multitude de sites web qui composent la plateforme. C’est carrément ouf!

L’algorithme de tri de votre flux d’actualité est basé sur des calculs qui font appel à des maths avancées au moins à 2 mètres devant la porte d’entrée, donc accrochez vous, je vais vous révéler tout ça.

Les posts qui sont le plus mis en avant dans le flux d’actualité de vos adeptes, des spambots, de vos abonnés, c’est précisément l’intégralité de vos posts. Oui, vous avez bien lu, TOUS vos messages parviennent à tous les abonnés qui ont fait la démarche de s’inscrire à votre compte de spam communication. C’EST UN CHOIX RADICAL DE DINGUE! L’engagement généré par des flux d’actualités curationnés par des humains qui se font des recommandations de bouche à oreille est décuplé comparé à d’autres lieux où le tri des flux d’actualités se fait au bénéfice seul des annonceurs prêts à tout pour vendre leur merde.

Mais ce n’est pas tout!

La modération des posts est faite principalement par des humains, donc si vous publiez de la mouise, vous serez masqués par les équipes de modos humaines, même si vous êtes pétés de thunes, c’est carrément dingue non?

Ainsi, les annonceurs les moins éthiques sont éconduits vers le caniveau, et c’est tant mieux.

Retrouvez l’intégralité du code dont j’ai créé une sauvegarde sur le darkweb tel que planifié, et les sources ont fuité ici: https://framagit.org/tykayn/mastodon

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green leaf tree under blue sky

Supprimer les doublons avec un Baobab et Czkawka

This is post 6 of 8 in the series “gestion de l'information personnelle”

Décrit la gestion des fichiers et des informations personnelles que j’utilise pour tirer du sens de mes archives et les conserver de façon pérenne et découvrable, uniquement avec des outils respectueux de la vie privée

  1. Plan d’archivage et de backup
  2. Choix d’outil pour la gestion de projets
  3. Organiser ses fichiers avec des tags avec filetags
  4. Outils pour un nommage de fichiers retrouvables
  5. Archiver automatiquement ses photos de téléphone
  6. Supprimer les doublons avec un Baobab et Czkawka
  7. script rff : Rename file folder
  8. Organisation de tâches orgmode

Près d’un tiers de mes archives sont des doublons. Mais ça c’était avant.

Pour savoir quel dossier prend plein de place, il existe des outils comme Ncdu en ligne de commande si vous n’avez pas d’environnement de bureau, ou Baobab, aka l’analyste d’utilisation de disque installé de base sur Debian / Ubuntu. cela vous permettra de cibler les dossiers les plus gros.

Spoiler: ce sont les vidéos et les photos qui prennent le max de place chez la plupart des gens.

graphique de baobab

Vous pouvez cibler un dossier en particulier et voir ce qui remplit votre disque. C’est une très bonne première approche. On a juste à naviguer dans le graphe, ou dans les noms de dossiers, pour voir sur quoi on doit concentrer nos efforts. On peut ouvrir les dossiers dans notre explorateur de fichier pour aller voir en détail, mais on peut aussi mettre à la poubelle des dossiers entiers depuis Baobab.

Il ne faudra pas oublier de vider votre corbeille ensuite pour vraiment bénéficier de l’espace libéré.

Repérer les doublons avec Czkawka

si vous aviez l’habitude de fslint qui n’est plus maintenu c’est pareil. Voici le site officiel pour l’installer: https://qarmin.github.io/czkawka

Vous pouvez utiliser snap pour ça, c’est le plus simple.

snap install czkawka
# et pour le lancer
snap run czkawka

Pour s’en servir on sélectionne un ou des dossiers où fouiller, via le bouton vert « add ». Puis on clique sur « search » en bas à gauche. Et au bout de quelques secondes ou minutes si vous comparez beaucoup de trucs, vous avez les résultats. Vous pouvez ensuite cocher les fichiers à dégager, et appuyer sur la touche « suppr » de votre clavier pour les mettre à la poubelle. Ou faire d’autres actions comme proposé en bas à droite. Vous pouvez désactiver l’aperçu des images au clic sur le nom de fichier dans les paramètres, bouton « outil clé » en haut à droite.

Pour accélérer les comparaisons de hashs de fichier je vous recommande d’activer cette option dans les paramètres pour ne comparer qu’une portion des fichiers au lieu de leur intégralité.

L’intérêt de cette comparaison par hash c’est que ça permet d’éliminer des doubles qui ne se nomment pas pareil.

Vous pouvez aussi exclure certains motifs de dossiers pour accélérer les recherches. ça se passe dans les onglets en haut de l’écran, section « répertoires exclus ». Dans l’onglet configuration des éléments j’ai exclus certains dossiers:

*/.git/*,*/node_modules/*,*/lost+found/*,*/Trash/*,*/.Trash-*/*,*/snap/*,/home/*/.cache/*

On a donc en résultat une liste des fichiers en double, triés du plus lourd au moins lourd. Vous pouvez vous amuser à les supprimer un par un 😀 ou essayer de faire des choses plus malines.

Un double clic droit sur une ligne de fichier vous permettra d’ouvrir le dossier contenant le fichier dans votre explorateur de fichier. C’est très pratique pour repérer les contenus qui ont été copiés dans plusieurs dossier, afin de couper coller le contenu de l’un dans l’autre et de fait supprimer une énorme masse de doublons.

Czkawka permet aussi de faire de la recherche d’image similaire. Je ne l’ai pas utilisé mais ça semble prometteur.

Les quelques similarités que je cherche à supprimer sont des redimensions de fichiers réduites pour publication en ligne. un filtre sur des termes comme « thumb » ou « small » suffisent à en retrouver un paquet.

Restez groupir les photos et vidéos.

Exemple avec mes photos, elles sont dans un dossier nommé stockage-syncable/photos qui contient plusieurs trucs. Notamment des dossiers d’années, qui contenaient des dossiers mensuels, avec des dossiers groupant des jours et des évènements sur plusieurs jours. Un bon moyen de dédoubler tout ça c’est de faire du renommage de masse basé sur les métadata des photos/vidéos, et de tout réunir dans un seul dossier. Reste ensuite à tout répartir par année à coup de script. Et à mettre dans un coin dédié les fichiers qui demandent un traitement ou des incertitudes de doublonnage à lever.

J’avais des doublons pour faire des sélections d’albums, certains à imprimer, certains pour désigner des étapes de chantier de maison ou des lieux de capture pour des séquences de mappage openstreetmap à 360°.

Une fois que les choses sont élaguées des parties les plus évidentes on peut se demander comment faire en sorte de mettre tout ça en qualité, et surtout, à quoi ça ressemble des archives qui seraient de très bonne qualité.

La suite au prochain épisode!

 

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Archiver automatiquement ses photos de téléphone

This is post 5 of 8 in the series “gestion de l'information personnelle”

Décrit la gestion des fichiers et des informations personnelles que j’utilise pour tirer du sens de mes archives et les conserver de façon pérenne et découvrable, uniquement avec des outils respectueux de la vie privée

  1. Plan d’archivage et de backup
  2. Choix d’outil pour la gestion de projets
  3. Organiser ses fichiers avec des tags avec filetags
  4. Outils pour un nommage de fichiers retrouvables
  5. Archiver automatiquement ses photos de téléphone
  6. Supprimer les doublons avec un Baobab et Czkawka
  7. script rff : Rename file folder
  8. Organisation de tâches orgmode

Imaginez y’a des gens qui s’amusent régulièrement à tenter d’exporter leurs photos, vidéos et documents récupérés depuis leur téléphone pour tenter de s’en servir sur un ordi, ou un autre, et à avoir du mal à retrouver leurs documents quand ils en ont besoin. Qui pestent contre le protocole MTP qui n’est pas capable d’utiliser pleinement la rapidité d’un cable USB. Qui finissent pas utiliser Wifi File Transfer pour copier leurs fichiers du téléphone vers leur ordi, ou qui trouvent ça trop galère et du coup se disent que refiler tout à un bon gros GAFAM est une solution pérenne, haha ! Alors que les GAFAMS n’ont de cesse de tuer les uns après les autres leurs services de surveillance.

Alors qu’il suffit d’avoir sa propre gestion de fichiers syncronisés chez soi en pair à pair, par exemple avec Syncthing, ou un nextcloud chez des CHATONS.

Pour Nextcloud

Il vous faudra:

  • un compte nextcloud sur un serveur
  • l’appli client nextcloud sur votre téléphone, connecté à votre compte serveur
  • avoir l’upload automatique activé depuis votre téléphone, et ce même si vous n’avez pas le wifi connecté (voir dans les paramètres d’upload automatique de l’appli mobile)
  • avoir le client nextcloud installé sur un ordinateur, connecté à votre compte serveur

Pour Syncthing

Il vous faudra:

  • faire marcher syncthing sur votre ordi
  • faire marcher syncthing sur votre ordiphone
  • configurer les dossiers à faire syncroniser
  • appairer les deux identifiants de syncronisation
  • accepter la syncronisation sur les deux appareils, choisir les dossiers concernés

et tadam, vos photos, vidéos et documents seront téléchargés sur votre ordi. Vérifiez dans les paramètres que l’envoi vers le serveur nextcloud se fait même si vous n’êtes pas connecté au wifi.

Une fois l’upload fait automatiquement vous aurez vos médias téléchargés dans votre dossier Nextcloud sur votre ordi, par défaut dans votre dossier de /home/mon_utilisateur/Nextcloud/InstantUpload. Ce dossier de destination est bien sûr modifiable, tout comme votre client Nextcloud vous permet de syncroniser plusieurs dossiers différents, de ne pas forcément tout syncroniser de ce qui se trouve sur votre serveur Nextcloud, et pas forcément dans le dossier /home/mon_utilisateur/Nextcloud. Mais bon, pour garder l’exemple simple on va prendre les paramètres par défaut.

J’ai un dossier pour mes photos et vidéos à ranger, il me suffit de déplacer automatiquement les médias récupérés depuis le dossier InstantUpload vers celui ci, de les renommer automatiquement pour suivre ma convention de nommage avec des tags, et de les déplacer dans le dossier annuel. ça se fait très simplement avec un seul fichier de script bash, qui est exécuté toutes les 5 minutes sur mon ordinateur d’archivage.

Comme le dossier InstantUpload distingue dans des sous dossiers les médias que j’ai capturé par mon téléphone et ceux que j’ai téléchargé, je peux les ranger automatiquement avec un simple couper-coller fait par la commande mv (move). Je pourrai mettre des descriptions et des tags ultérieurement avec mon gestionnaire de photos scriptable Geequie, avec mes raccourcis clavier configurés via ma procédure d’installation de gestion de fichiers.

Le meilleur moyen d’éviter que le bazar soit partout, c’est de le concentrer dans un seul dossier. Donc pour tous les autres trucs que je récupère sur mon téléphone, je peux les envoyer dans mon dossier de bazar.

Ne reste plus qu’a se consacrer un peu de temps à autre, via un rappel d’agenda par exemple ou une revue hebdomadaire (coucou la méthode GTD) à faire disparaître le bazar, soit en truc rangé, soit dans le néant comme le conseille Marie Kondo.

le fichier de crontab:

#Ansible: run nextcloud workflows of tykayn
*/5 * * * * /bin/bash ~/Nextcloud/ressources/workflow_nextcloud/cronjob_nextcloud.sh

et le script cronjob_nextcloud.sh qui utliise les autres outils présentés précédemment pour faire de l’archivage:

# back pictures to ARCHIVE_SYNCABLE
logDate 'copy of Nextcloud InstantUpload photos'

mv ~/Nextcloud/InstantUpload/Camera/* "$PHOTOS_TO_DISPATCH" | tee -a $LOG_FILE_BACKUP 2>&1
mv ~/Nextcloud/inbox/instantUpload/* "$PHOTOS_TO_DISPATCH" | tee -a $LOG_FILE_BACKUP 2>&1
#mv ~/Nextcloud/inbox/instantUpload "$PHOTOS_TO_DISPATCH" | tee -a $LOG_FILE_BACKUP 2>&1

guessfilename "$PHOTOS_TO_DISPATCH/$CURRENT_YEAR*"

cd $PHOTOS_TO_DISPATCH
move2archive --archivepath=$PHOTOS_FOLDER "$CURRENT_YEAR*"

echo ' ' >> $LOG_FILE_BACKUP_DATES
echo "### ${today} medias in $ARCHIVE_SYNCABLE/photos/$CURRENT_YEAR" >> $LOG_FILE_BACKUP_DATES
ls -l "$ARCHIVE_SYNCABLE/photos/$CURRENT_YEAR" | wc -l | tee -a $LOG_FILE_BACKUP 2>&1

Secouez le tout avec une mise en archive chiffrée par borg backup, syncronisez avec des supports distants, et voilà qui est automatiquement rangé.

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Borg backup version 2 est arrivé

Quelques nouveautés avec borg version 2, les commandes changent un peu, il est plus rapide, plus dur, meilleur, plus fort. Fait amusant, je l’ai utilisé sans savoir que c’était une référence à une série pas très connue que seuls des gens vachement plus vieux que moi regardaient.

On va commencer par définir un fichier contenant un mot de passe que Borg va pouvoir utiliser pour chiffrer les fichiers du dépot.

On définit quelques variables en Bash dans un fichier afin de ne pas avoir à se répéter partout. Faites chauffer votre terminal préféré:

# --------- archives dans un pool zfs nommé poule sur mon ordinateur nommé spaceship.
# --------- Ce nommage est arbitraire, vous pouvez bien sûr mettre ce que vous voulez et sauvegarder plusieurs dossiers tout aussi arbitraires.
# --------- Pour cet exemple on va dire que ce qu'on veut sauvegarder n'est pas l'intégralité de notre home mais un autre dossier auquel on fera référénce via une variable en bash par la suite.

export ARCHIVE_SYNCABLE="/home/poule/encrypted/stockage-syncable" # place where we have our things sorted, other than home
export BORG_PASS_FILE="$ARCHIVE_SYNCABLE/.ma-borg-passphrase"
mkdir -p $ARCHIVE_SYNCABLE

editor BORG_PASS_FILE # on définit notre phrase de passe dans notre éditeur de texte favori
export BORG_PASSCOMMAND="cat $BORG_PASS_FILE" # get the borg repo pass

export SPACESHIP_NEW_BORG_REPO="/home/poule/borg_archives/borg2_spaceship"
export BORG_REPO=$SPACESHIP_NEW_BORG_REPO

# --------- gestion des exclusions de dossier à sauvegarder
EXCLUDE=( ".yarn" ".nvm" "cache" ".cache" "Cache" "Steam" "steamapps" ".npm" ".yarn" "node_modules" ".mozilla" "vendor" "Steam" ".rbenv" ".config/borg" "@eaDir" "steamapps" "bower_components" ".cargo" ".gem" ".BOINC")
exclude_opts=()

for item in "${EXCLUDE[@]}"; do
exclude_opts+=( --exclude="$item" )
done

export exclude_opts

# --------- création du dossier qui va contenir notre dépot borg
mkdir -p $SPACESHIP_NEW_BORG_REPO

# --------- Installation de borg version 2 avec pip
pip install "borgbackup==2.0.0b5"
borg --version

# --------- vous devriez voir marqué "borg 2.0.0b5", si vous ne le voyez pas, relancez votre terminal

Et voilà on peut maintenant créer une nouvelle sauvegarde avec un dossier contenant peu de choses dans un premier temps.


Créer un nouveau dépôt

Ici on demande la création d’un dépot chiffré par plusieurs algorithmes contenant sa clé, qui nécessite une phrase de passe, que nous avons défini dans un fichier texte ci dessus. La variable BORG_PASSCOMMAND sera utilisée par borg pour aller chercher cette phrase.

borg rcreate --encryption=repokey-blake2-aes-ocb -r $BORG_REPO

# et voilà un "repository" créé, on va pouvoir le remplir de plusieurs sauvegardes

Créer une archive dans le dépôt

pour l’exemple j’ai précisé que je souhaitais une compression zstd de niveau 9, soit le niveau maximum.

borg create $BORG_REPO::encrypted_spaceship_{now} $ARCHIVE_SYNCABLE "${exclude_opts[@]}" --progress --verbose --stats --compression zstd,9

Pour notre exemple, la partie $ARCHIVE_SYNCABLE désigne un dossier que l’on veut inclure dans notre sauvegarde, mais on peut mentionner plusieurs chemins vers des dossiers ou des fichiers séparés d’un espace si on le veut.

Enlever les anciennes sauvegardes de notre dépot en faisant un tri automatique.

borg prune -r /home/poule/borg_archives/orgmode --list \
--list \
--match-archives 'sh:{hostname}-*' \
--show-rc \
--keep-daily 7 \
--keep-weekly 4 \
--keep-monthly 6


Pour convertir votre archive borg existante, y’a une commande mais ça ne marche pas 😀

Automatiser dans un cronjob

Plus qu’a faire vos commandes dans un fichier exécutable, par exemple localisé dans un dossier nextcloud situé ici: ~/Nextcloud/ressources/workflow_nextcloud/sync_spaceship.sh et à le lancer périodiquement dans un cronjob. Pour modifier votre table de commandes cron:

crontab -e

Et rajouter ceci dans votre crontab pour lancer ce script toutes les 20 minutes par exemple:

# lancer le script de sauvegarde toutes les 
*/20 * * * * /bin/bash ~/Nextcloud/ressources/workflow_nextcloud/sync_spaceship.sh

Le site web crontab.guru pourra vous aider à clarifier la périodicité de vos sauvegardes. Pour déterminer une périodicité optimale, il faut voir le temps que prend votre sauvegarde à se faire.

Il est aussi possible d’utiliser Borgmatic qui se chargera de vos sauvegardes borg selon un fichier de configuration. Ou encore Ansible et son rôle borg backup.

Vous trouverez la doc complète d’installation de plusieurs façons et le détail des commandes sur le site de documentation de borgbackup

have fun et bonne stratégie de backup!

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brown wooden table with chairs

Organiser ses fichiers avec des tags avec filetags

  1. Plan d’archivage et de backup
  2. Choix d’outil pour la gestion de projets
  3. Organiser ses fichiers avec des tags avec filetags
  4. Outils pour un nommage de fichiers retrouvables
  5. Archiver automatiquement ses photos de téléphone
  6. Supprimer les doublons avec un Baobab et Czkawka
  7. script rff : Rename file folder
  8. Organisation de tâches orgmode

ça faisait un bout de temps que je me demandais si il existait de bons outils pour éviter la duplication de fichiers, qui permettraient de ranger un fichier dans plusieurs dossiers, mais sans que ça soit compliqué ou que ça dépende d’un service tiers.

Avoir une organisation de ses archives et fichiers courants quand on a – comme tout le monde – fait les choses sans méthode définie est une transition qui prend du temps. Tout comme pour sortir des GAFAM quand on baigne dedans, c’est pourtant une bonne chose à faire. Donc installez vous confortablement, ça va prendre du temps.


Il se trouve que des gens ont fait des trucs vachement bien sur le sujet, notamment Karl Voit que j’ai croisé en cherchant à me documenter sur comment gérer ses projets avec orgmode ou autre chose qui a fait un mémoire de thèse sur le sujet de la gestion de l’information personnelle et développé des scripts sous licence libre et une méthode pour ranger ses fichiers de façon pérenne. Il suffit d’organiser ses tags dans les noms de fichier et d’avoir un script pour trouver nos fichiers selon leurs tags.

 

La structure des noms de fichiers ressemble à ceci avec des crochets pour délimiter les termes:

[chemin_de_base]/[catégorie]/[date_iso][descriptif]--[étiquettes][format]

exemple:

/home/poule/encrypted/stockage-syncable/photos/2023/2023-01-18T13.09.35 fruit du dragon -- nourriture.jpg

Je détaille tout cela dans un autre article: Outils pour un nommage de fichiers retrouvables.

La méthodologie PARA permet de savoir où ranger les choses quand on en récupère de nouvelles, et où placer celles que l’on a déjà.
Distinguer les fichiers que l’on utilise souvent, et ceux qui sont au repos et moins souvent consultés, que l’on qualifiera d’archivable ou de courants.

Définir un vocabulaire contrôlé pour que les tags soient suffisamment généraux et cohérents pour être utiles, et avoir de l’autocomplétion au moment de mettre ou changer les tags sur plusieurs fichiers.
Faire des backups automatisés chiffrés et dédupliqués avec borg backup, afin d’éviter de gaspiller de l’espace disque et économiser en budget que je peux ainsi attribuer à des dons publics.
Détecter les doublons avec Czkawka.
Virer plein PLEIN de documents numériques et physiques.
Utiliser un système de fichiers qui permette des gains et de la résilience, tel que le zettabyte-filesystem aka ZFS.
Renommer en masse ses fichiers photos, les déplacer automatiquement dans un dossier annuel, taguer ses fichiers avec un logiciel de galerie, ou dans son explorateur de fichiers.
Renommer ses fichiers de carto-photo 360 en masse pour suivre leur parcours et les appairer, puis les publier sur plusieurs sites tels que le futur géocommun Panoramax.
Utiliser un moteur de recherche libre et local comme DocFetcher pour indexer et fouiller l’intérieur des documents quand on en a besoin.

Disposer d’un système de synchronisation pair à pair pour sauvegarder sur un serveur perso les documents capturés au smartphone, j’utilise Nextcloud et Syncthing.

Archiver automatiquement les documents capturés du smartphone dans nos archives.

Scripter sa façon de faire pour qu’elle soit documentée et portable.
Partager le tout sous licence libre AGPLv3+ pour que chacun puisse faire le tout à sa sauce sans réinventer la roue:

https://forge.chapril.org/tykayn/scripts

 

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Retour sur le débat public des nouveaux EPR2 à Penly

Ayant grandi à proximité de Penly en Normandie et suite au retour dans les thématiques actuelles de ce en quoi consiste l’indépendance énergétique et la sécurité d’approvisionnement je me suis dit que cela pourrait être intéressant de suivre le près ou de loin les actus liées à l’énergie lors de ce débat public en 10 épisodes.

Je n’ai d’ailleurs pas que lu des trucs sur le sujet et le fonctionnement de nos centrales Françaises et étrangères, et ai été visiter la centrale électronucléaire de Nogent sur seine. Et c’était super chouettement vulgarisé, contrairement au débat public sus-mentionné comme nous l’allons voir tantôt.

J’ai aussi suivi quelques uns des débats publics sur youtube, qui permet de s’exprimer par écrit avec un compte google sur une plateforme web hautement souveraine (mais pas du tout nom de zeus!), et ai fait l’immense effort de me déplacer à une dizaine de kilomètres de chez moi, à Palaiseau pour la rencontre qui y était organisée. Y’avait pas mal de monde, la salle était comblée, et le buffet a été rapidement vidé.

Les sujets

Il y avait de prévu pas mal de sujets intéressants, mais plusieurs aspects du débat organisé en une dizaine de rencontres sont grandement problématiques dans ce qu’on pourrait attendre d’un débat: une discussion argumentée sur un sujet en particulier permettant d’éviter de se battre.

Pour ça j’ai réalisé avec quelques bénévoles de l’association Les voix du nucléaire un examen façon Acrimed des temps de parole des 29 heures de débat retranscrits automatiquement avec leur durée d’intervention et catégorisés à la mano, vous pouvez en lire le détail des résultats, la méthodologie, et les catégorisations des interventions qu’on a pu en faire. Fidèle à ma pratique des données ouvertes, vous pouvez jouer avec les classeurs et les sources permettant de calculer tout ceci.

https://www.cipherbliss.com/cndp-temps/index.html

Résumé :

Sur les 16 groupes associatifs invités par la CNDP de notre analyse (excluant les rencontres de Lille et Lyon [1] ) représentant 3 heures de temps de parole, 67 % du temps de parole était accordé à des organisations se positionnant contre le projet de nouveaux EPR, 17 % étaient neutres 16 % étaient en faveur du projet.

Ce que l’on note c’est que EDF qui est porteur du projet et doit donc présenter le projet et répondre aux questions a un temps de parole similaire aux opposants au projet ce qui est surprenant. Les opposants au projet, essentiellement des associations militantes ont quasi le double du temps de parole des représentants de la société civile, élus, syndicats et collectivités locales qui soutiennent le projet. Nous notons aussi que l’association Global Chance qui est opposée à tout ce qui peut être fait au niveau de l’énergie nucléaire quelles que soient les conditions a bénéficié à elle seule d’un temps de parole quasi équivalent à l’ensemble des soutiens au projet. De par sa sélection d’associations invitées, la CNDP a fait en sorte de donner 4 fois plus de temps de parole contre qu’en faveur du projet, alors que selon l’’étude de l’’ifop de Septembre 2022 pour le JDD:

 » 65 % des Français sont favorables ou « tout à fait favorables » à la construction de nouveaux réacteurs nucléaires en France dans les prochaines années ».

Ce que l’on peut remarquer c’est que près de la moitié du temps de parole était occupé par les organisateurs du débat, la moitié! C’est d’avantage une conférence de la CNDP qu’autre chose. Et dans le temps restant, c’était principalement une tribune à un seul orateur d’association antinuc.

Déséquilibre majeur des représentations dans le temps de parole

Les temps de parole des associations invités sur scène accordés massivement plus à des organisations qui ont choisi de lutter contre tout ce qui est nucléaire, mélangeant allégrement ce qui relève du militaire et du civil, et n’hésitant pas à mentir vis à vis des connaissances scientifiques produites depuis plus de 100 ans sur le sujet.

C’était assez gonflé de venir à chaque rencontre pour dire que ça ne sert à rien de débattre du sujet, et que visiblement le seul moyen de faire les choses de façon démocratique c’est d’être d’accord avec eux, tout en empêchant les autres de prendre la parole. Oui, beaucoup d’intervenants antinuc avaient pour habitude de prolonger leur temps de parole au delà de la tribune déjà très en leur faveur, montant ainsi à quel point respecter la parole des autres leur tenait à cœur. Vous savez, c’est comme les éditorialistes racistes qui viennent sur tous les plateaux télés pour dire qu’on ne peut plus rien dire. Une méthode éprouvée qui porte ses fruits, alors que depuis 2004, la Commission nationale du débat public (CNDP) a organisé 12 débats et concertations sur le nucléaire civil.

Décision de ne pas faire de fact checking

Le manque d’exposition des faits pour trier ce qui relève de la rumeur, des opinions et des faits. Au moment où la commission avait annoncé qu’elle allait publier un texte présentant les controverses, on était en droit de s’attendre à ce que les thématiques abordées dans cette publication soient des choses non tranchées. Or ce n’était pas le cas.

Il est assez simple de trouver les principaux sujets d’inquiétude évoqués par la faible portion de gens qui s’opposent le plus fermement au nucléaire civil, et de trouver des informations fiables les concernant: le volume et la gestion des déchets, ainsi que les risques et conséquences des accidents, tout en faisant comme si c’était géré par des chats sous LSD, et que la défense en profondeur n’existait pas. « on ne sait pas » disent ceux qui bien souvent ne veulent pas se renseigner et pratiquent le millefeuille argumentatif comme si dire beaucoup de bêtises était gage de vérité et de fiabilité.

La réponse au manque de vérification des faits assumée par la commission organisatrice a fait rire beaucoup de pixels.

 

Mais Brandolini étant toujours d’actualité, et EDF n’étant pas champion du monde de la vulgarisation et de la rapidité de réponse sur les médias sociaux comparé à sa transparence que l’on peut trouver dans les rapports de l’ASN ou au travail de la SFEN, certaines contre-vérités continuent d’être bêtement répétées à propos des conséquences d’accidents de centrales, ou des avantages du stockage géologique pour ne citer que ces deux là. Sans parler de la sobriété magique qui résout tout, faisant comme si il suffisait de se réunir en jet privé pour dire qu’il faut faire tourner sa machine à laver après 20h pour faire face au changement climatique, comme on le fait dans les COP ou quand on préside un parti « écologiste ».

Laisser les trolls agir

Le manque de cadrage et d’évacuation des éléments venant empêcher toute discussion (alors qu’ils l’ont annoncé en avance), des choses que l’on accepterait pas dans n’importe quel autre évènement invitant à la discussion du grand public. Pas besoin de chars ou de LBD pour faire en sorte que des gens puissent continuer à discuter, le paradoxe de la tolérance montre que certains droits disparaissent si on laisse n’importe qui faire n’importe quoi. C’est suffisamment connu pour espérer que des professionnels de l’organisation de débat public soient au courant. Sur un plateau télé on ne laisserait pas passer ce genre de comportements, mais à l’assemblée nationale ou dans un bistro non plus.

Le changement au dernier moment de sujet pour une des rencontres, ainsi que la démission de la commission quant à son obligation de faire des rencontres afin que le public puisse discuter du sujet dans un cadre de qualité. Impossible car certaines rencontres ont été annulées. Comme si tranquillou je facturais à mes clients des mois de travail après avoir dit que finalement bon vous comprenez je ne vais pas le faire. Car oui, l’organisation du débat public est un travail payé avec l’argent du contribuable, même quand il n’a pas lieu.

Des bons points

Pour avoir pu discuter avec des organisateurs du débat et des gens venus au débat, je ne doute pas qu’il existe des volontés sincères de favoriser les discutions sur le sujet, et que faire en sorte que les gens s’intéressent à un sujet aussi énorme que l’industrie de l’énergie, ou équilibrer les arguments et les représentants des courants de pensée sur un sujet ne va pas de soi. ça soulève plein de questionnements intéressants, car oui il est important que le grand public soit un peu mieux au courant de comment fonctionnent les choses et quelles conséquences ont l’inaction aussi bien que l’action, si on veut pouvoir décider collectivement et sur le long terme de comment faire société, ce sont des sujets démocratiquement très importants. En discutant avec d’autres, j’ai pu constater que les personnes en faveur du projet de nouveaux EPR n’étaient pas pour autant dépourvus de critiques vis à vis de la fillière électronucléaire en France à la façon d’adorateurs de la technologie qui résout tous les problèmes du monde d’un coup de baguette magique, une caricature souvent entendue. Les discussions se faisaient avec enthousiasme et sans chauvinisme, discutant des options aussi bien ici qu’à l’étranger, avec des envies de progrès social visibles, très loin des clichés de droitards autoritaires dépeints par certains journaux ou partis qui se revendiquent de l’écologie. Car oui, l’industrie nucléaire c’est majoritairement pas des dirigeants de startup nés avec une cuillère en argent dans le bec, c’est beaucoup de métiers où on est pas ingénieur physique mais plutôt ouvrier qui gère des systèmes de tuyeaux plein d’eau et de vapeur, qui s’exercent en trois huit en bonne partie, et qui occupent 200 000 emplois non délocalisables dans le pays.

Les interventions de l’IRSN étaient remarquables (et ils ont aussi de chouettes publications et vidéos de vulgratisation sur leur chaine Tontuyau) en ce qui concerne la fourniture de détails sur le fonctionnement et le plan de ce qui est prévu de faire. C’était cool d’apprendre qu’un EPR2 n’a pas besoin d’une eau plus chaude que les REP actuels pour sortir près de 2 fois plus d’électricité par réacteur tout en ayant mis le paquet sur la sûreté et la simplification des pièces. On pouvait d’ailleurs avoir à chaque intervention des livrets présentant le projet de nouveaux EPR, les retours d’expérience dans le monde, les alternatives aux réacteurs EPR2, la prise en compte des perturbations météorologiques futures. Le personnel d’EDF aussi était en mesure de donner des informations sur de nombreux points dans un language tout à fait compréhensible pour le grand public. J’aurai personnellement apprécié que plus de temps soit dédié à des ateliers et des discussions informelles libres en petits groupes au sein même des temps de débat, pour éviter ce style de successions de doléances / listes de souhaits qui sont très éloignés de la façon dont on se figure un débat, un peu plus comme la convention citoyenne a procédé avec des conférences au début et des discussions plus longues. Cela a été fait en partie, mais pas assez à mon goût.

La rencontre à Palaiseau était une des rencontres qui a permis le plus de questions et de réponses sur le sujet à l’ordre du jour selon ce que m’ont dit les personnes qui ont suivi les autres débats. On a manqué de temps pour vraiment voir le détail des autres centrales envisagées, mais il est clair que maîtriser l’énorme majorité des tenants et aboutissants d’un système de production est un avantage, comparé à tout miser sur les imports des pays voisins, ou aux épaules de la Chine pour subvenir aux besoins en production du reste du monde en même temps.

Les gens de la société civile étaient bien présent un peu partout, bien que ceux qui s’expriment avaient majoritairement des avis très tranchés, le sujet intéresse une bonne proportion de gens normaux.

Sans une éducation et une culture scientifique suffisante, le peuple risque de croire et de voter pour n’importe quel guignol qui flatte son goût du vrai et dit du mal des travailleurs d’une filiale industrielle en toute ignorance, ou en faisant comme si ce qui lui semble impossible à faire pour le nucléaire ne s’applique pas pour les autres industries, ou en comptant entièrement sur la mise en place a grande échelle de techniques qui n’ont encore jamais fait leur preuve à petite échelle (#hydrolienne), ou en souhaitant mettre du gaz fossile voire du charbon alors que d’autres options seraient bien plus intéressantes.

Il est urgent de comprendre l’état de l’art des connaissances scientifiques sur nos choix vis à vis du climat, en prenant connaissance du résumé des rapports du GIEC sorti il y a peu et d’agir collectivement pour sortir des fossiles, et éviter d’empirer les choses. Ce n’est pas agréable à lire, mais il faut faire les choses urgemment dans beaucoup de domaines à la fois, parler de données mesurées plutôt que de rumeurs et de procès d’intention, commencer ou continuer à changer ses habitudes vis à vis du pétrole, pointer aux rendez-vous de contrôle, car les conséquences de l’inaction et du business as usual et autres – après moi, le déluge – sont catastrophiques.

 

« Il y a eu un avant et un après Jancovici » m’a dit un des organisateurs du débat, et je partage ce sentiment depuis que j’ai assisté à une conférence à la cité des sciences. Plein de gens en ont maintenant quelque chose à foutre du climat, et c’est grâce aux talents de vulgarisateur du bonhomme, bien qu’il ne soit pas toujours clair sur ce qui relève de ses opinions et que certains climato-dénialistes se servent de cela pour faire comme si le reste de ce qui était vulgarisé ne valait pas la peine. Greta Thunberg (qui est sur Mastodon) aussi a permis d’inspirer des personnes beaucoup plus jeunes et de s’emparer de ces questions pour en faire un sujet populaire au sens premier du terme, et non plus réservé à certains agriculteurs à moustache comme c’était le cas dans les années 80. Et c’est plutôt une bonne nouvelle, parce qu’on est tous dans le même bateau, et qu’on va avoir besoin d’un coup de main de tout le monde.

Les voix du nucléaire ont publié une tribune suite à la participation aux réunions du débat public pour dénoncer tout ce qui n’allait pas dans ces temps de débat et comme toujours fait son travail de vulgarisation auprès du grand public sur le sujet, vous pouvez le lire ici:

https://www.lopinion.fr/economie/rationalite-faits-et-democratie-ce-qui-a-manque-au-debat-public-sur-le-projet-nucleaire-epr2-la-tribune-des-voix-du-nucleaire

 

Galerie d’images et de graphiques en bonus

 

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aerial view of city buildings near body of water during daytime

Les points clé de la synthèse des rapports du GIEC par Valérie Masson-Delmote

Valérie Masson-Delmotte, est une paléoclimatologue française. Elle est directrice de recherche au CEA et coprésidente du groupe no 1 du GIEC depuis 2015 comme le dit sa page Wikipédia. La synthèse des 6 groupes de travail du GIEC venant de sortir, et twitter se cassant la gueule au profit de Mastodon qui a dépassé les 10 millions de gens, ce serait dommage que sa vulgarisation sur ce rapport épique tombe dans les limbes de l’oubli. J’en fais donc un backup hébergé ici (et vous devriez avoir une stratégie de backup ainsi qu’un site web personnel vous aussi) qui vous permettra de saisir les points clés et d’en voir les infographies principales en moins de cinq minutes. Mais pas plus de cinq minutes hein ho, les journaux télé y ont consacré moins de 0.6% de leurs temps d’antenne alors c’est que ça ne doit pas être trop important. Si ? Maintenant que tout le monde a compris que la réforme des retraites est une arnaque et de la violence pure et dure particulièrement envers les femmes et les travailleurs les plus précaires, et que la mobilisation contre est historique, on pourrait aussi regarder dans quel contexte la lutte s’inscrit.

 

Bonjour!Je commence à récupérer des 133 heures de session d’approbation du rapport de synthèse #SYR du GIEC #climatechange2023, la semaine dernière, et j’ai préparé ce long fil, qui en présente les points clés, en 🇫🇷

C’est parti, 🧵⬇️

Ce rapport de synthèse du 6ème cycle d’évaluation (2015-2023) s’appuie sur les 3 rapports spéciaux de 2018-2019 et les 3 rapports complets de 2021-2022, et intègre leurs principales conclusions.
Ces 6 rapports, rédigés par plus de 1000 scientifiques, ont examiné les éléments probants de plus de 85 000 publications, et ont tenu compte de plus de 300 000 commentaires de relecture, de milliers de relecteurs.#colossa
Parmi ces scientifiques, 84 auteurs ont rédigé le rapport de synthèse, avec une version longue (100 pages, 20 figures), et un résumé (36 pages, 7 figures), avec une structure similaire : où en sommes nous, quels sont les futurs possibles, et comment accélérer l’action.
Si nous voulons vivre dans un monde soutenable, équitable, nous ne pouvons pas maintenir les tendances actuelles.
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L’action pour le climat (actions d’adaptation et d’atténuation, c’est-à-dire de réduction des émissions de gaz à effet de serre) monte en puissance, mais le rythme et l’ampleur des actions n’est pas suffisante pour limiter les risques liés au changement climatique.
La poursuite de la hausse des émissions de gaz à effet de serre du fait des activités humaines et le résultat de tendances non soutenables pour l’énergie, l’utilisation des terres, les modes de production et de consommation et styles de vie.
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La distribution historique et actuelle des émissions de gaz à effet de serre est inégale : certains ont contribué et contribuent bien davantage que d’autres, d’un pays à l’autre, et au sein de chaque pays.
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Les activités humaines sont responsables de l’augmentation de la teneur en gaz à effet de serre dans l’atmosphère, qui continuent à augmenter – le rapport long fournit une mise à jour des concentrations en 2021.
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Les enregistrements issus des carottages en l’Antarctique montrent à quel point cette augmentation est une rupture par rapport aux variations naturelles des derniers 800 000 ans, et je souhaite rendre hommage à Claude Lorius, pionnier de la science des carottes de glace.
Le réchauffement planétaire, en moyenne sur 10 ans, atteignait +1,1°C en 2021-2020 (rapport du GIEC de 2021). Une mise à jour jusqu’en 2013-2022, dans le rapport long, montre que c’est +1,15°C en 2013-2022, par rapport à 1850-1900.
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Aucun facteur naturel (variabilité spontanée, Soleil, volcans) ne peut expliquer le déséquilibre du bilan d’énergie de la Terre et l’accumulation de chaleur.La meilleure estimation est que le réchauffement observé est égal au réchauffement dû aux activités humaines.
Le premier facteur du réchauffement à ce jour est le cumul des émissions de CO2; le second tient aux émissions de méthane (durée de vie courte; effet direct et via la formation d’ozone en surface, gaz à effet de serre et polluant).
L’influence humaine sur le climat affecte chaque composante du système climatique.
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Le réchauffement planétaire « dope » certains évènements extrêmes, + fréquents, + intenses, notamment les extrêmes chauds, les pluies extrêmes (7% de + de vapeur d’eau par °C de réchauffement), et les sécheresses agricoles (humidité des sols).
L’interaction entre les aléas, vulnérabilités et exposition définit les risques d’impacts, et ceux-ci dépendent aussi des réponses (ex : gestion de risques, adaptation, mais aussi maladaptation).
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Les communautés vulnérables, qui ont le – contribué au réchauffement à ce jour, sont affectées de manière disproportionnée.
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On observe une généralisation d’impacts graves, & de pertes et dommages, dus aux changements de multiples conditions physiques.Les écosystèmes terrestres, aquatiques et marins sont affectés (phénologie, aires de répartition, structure; mortalités de masse; extinctions).
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Chaque région est concernée.Les changements des facteurs générateurs d’impacts vont s’intensifier à mesure du réchauffement planétaire.
Le monde + chaud, différent, que connaîtrons les générations actuelles et futures, dépend des choix effectués maintenant et à court terme.#empathie
Les avancées scientifiques nous permettent de mieux comprendre à quoi ressemblera notre avenir, en fonction des choix que nous faisons maintenant.
La poursuite des émissions de gaz à effet de serre va amplifier le réchauffement (tant que les émissions de CO2 ne sont pas à zéro net).
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Pour les scénarios examinés, la meilleure estimation est qu’un niveau de réchauffement de 1,5°C sera atteint (en moyenne sur 20 ans) au début des années 2030.
La probabilité pour qu’une année donnée, ce niveau de changement de température de surface globale (1,5°C au-dessus de 1850-1900) soit atteint augmente, et la probabilité de le dépasser sera de 40 à 60% chaque année vers 2030.
Pour chaque incrément de réchauffement planétaire de +, les changements de climat moyen et d’extrêmes deviennent + généralisés et + prononcés.
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Pour chaque incrément de +, les risques pour la santé augmentent, mais dépendent des actions d’adaptation.
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Pour chaque incrément de +, les impacts sur les écosystèmes vont s’aggraver : enjeux de conservation, protection, restauration des écosystèmes (réduire le autres pressions locales),
Cela implique aussi la perte d’efficacité d’options d’adaptation fondées sur les écosystèmes et une baisse d’efficacité des puits naturels de carbone
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Cela implique aussi des risques croissants pour la production alimentaire (attention forte incertitude sur le potentiel de prise de pêche en Arctique)
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Les risques d’insécurité alimentaire dépendent fortement des choix socio-économiques
Nous voyons déjà des risques composites ou en cascade, de + en + complexes et difficiles à gérer.
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Le rythme et l’ampleur de la montée du niveau de la mer vont dépendre des émissions de gaz à effet de serre à venir; la probabilité de changements abrupts – irréversibles augmente avec le niveau de réchauffement planétaire (Antarctique).
La population exposée aux aléas liés à la montée du niveau de la mer, et la fréquence des évènements extrêmes, va augmenter d’ici 2040 – les mesures pour y faire face demandent une planification à long terme.#coursecontrelamontre
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Le rapport spécial du GIEC de 2018 avait souligné que limiter le réchauffement à 1,5°C était un défi sans précédent. 5 ans plus tard, le défi est encore plus grand, puisque les émissions ont continué à augmenter
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Les budgets carbone résiduels permettant de limiter le réchauffement à 1,5°C et 2°C #ParisAgreement seront bientôt épuisés, et ceux pour 2°C largement amoindris…
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Si l’on voulait être sérieux et limiter le réchauffement largement sous 2°C, voire proche de 1,5°C, cela demande des baisses immédiates, rapides, profondes des émissions notamment de CO2, jusqu’à atteindre net zéro, et de méthane (CH4).
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Les émissions ont augmenté entre 2015 et 2019. Si tous les engagements (NDC) étaient tenus, cela permettrait au mieux une légère baisse des émissions d’ici 2030 (inadéquat par rapport aux objectifs de l’Accord de Paris).
Et il y également un décalage entre les engagements et leur mise en oeuvre. Les politiques publiques actuelles dans le monde, sans sursaut, conduiraient à dépasser 1,5°C dans les années 2030, 2°C dans les années 1950, flirter avec les 3°C en fin de siècle…
Après le dépassement d’un certain niveau de réchauffement (ex 1.5°C), une diminution graduelle dépendra de la capacité à atteindre et maintenir des émissions nettes négatives de CO2 (l’éliminer de l’atmosphère et le stocker à long terme).
Le déploiement de méthodes d’élimination pose des questions de coûts (énergie), de faisabilité, de soutenabilité et de risques (pression sur les terres).
Des émissions soutenues égales à zéro net de CO2 sont centrales pour limiter le réchauffement. La transition vers cela implique des rythmes différents selon les secteurs. Réduire + vite les émissions et maîtriser la demande demande moins de recours à l’élimination de CO2.
De nombreuses options d’actions faisables, efficaces et abordables sont disponibles maintenant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et s’adapter à un climat qui change.
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Les mesures politiques qui ont fait leurs preuves et permis de réduire les émissions de plusieurs mililards de tonnes par an peuvent être mises en oeuvre à plus grande échelle et généralisées
Des possibilités sont disponibles pour renforcer la résilience et réduire les émissions de gaz à effet de serre, en agissant tous azimuts : système énergétique, gestion de l’eau, des terres et système alimentaire,
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systèmes urbains et infrastructures, santé, industrie, déchets, et organisation des sociétés, y compris les filets de protection sociale.Le rapport ne constitue pas une feuille de route mais montre les potentiels, et les co-bénéfices (notamment pour la qualité de l’air)image
Les actions mises en oeuvre maintenant peuvent faire toute la différence, notamment parce qu’il existe un fort potentiel associé à la maîtrise de la demande
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L’adaptation actuelle est souvent incrémentielle, fragmentée, et des limites dures à l’adaptation existent (ex : ressources en eau estivales contraintes par le recul de l’enneigement et des glaciers).
Parmi les conditions clés pour changer d’échelle pour l’action pour le climat figurent la réorientation des financements, la montée en puissance des financements pour l’adaptation, les transferts de technologie et la coopération.
Les pertes et dommages touchent de plein fouet les écosystèmes et les populations les + vulnérables, et font partie de notre avenir. Nous pouvons construire un avenir viable et soutenable en agissant rapidement pour construire un développement résilient face au climat.image
Il est nécessaire que l’ action pour le climat, pour être efficace, soit juste, inclusive et basée sur le partage des connaissances. J’ai ajouté quelques réflexions sur le rôle des universités à l’occasion de colloque EcoCampus @FranceUniv @UGrenobleAlpes
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Je préfère parler de courage plutôt que d’espoir : il est possible de changer d’échelle et de limiter les risques liés au climat, mais cela demande de se relever les manches et d’agir à hauteur des enjeux. Merci de votre lecture jusqu’au bout de ce long fil.Un immense 🙏👏 aux scientifiques qui ont mené jusqu’au bout de travail d’intégration et obtenu un rapport clair et solide, un rappel à la réalité des faits, reconnu par les représentants de tous les pays. Le talent d’Arlene Birt a été central pour construire des visuels clairs @BckgrndStories. Et toutes les personnes qui ont joué un rôle clé en appui à la préparation, la finalisation de ce rapport et l’appui à la session marathon d’approbation méritent une large reconnaissance pour leur professionnalisme et leur dévouement, notamment Noémie Leprince-Ringuet, et dans l’équipe du groupe I, @Clo_Pean, @anna_pirani et @connorsSL.
La session d’approbation a été très longue, 133 heures, dont 36 h quasiment d’affilée du samedi 6h au dimanche 18h, soulignant à quel point ce rapport touche à des points importants pour tous les pays. Les scientifiques ont été précis, clairs, et patients, ce qui a permis, au final, que ce socle de connaissances établi de manière rigoureuse soit reconnu par tous les pays. Le compte-rendu des observateurs extérieurs est disponible ici : enb.iisd.org/58th-session-i…
J’espère que ce long fil vous donnera envie de lire ce rapport de synthèse, qui est disponible ici en anglais : ipcc.ch/report/ar6/syr/
C’est la fin de ce 6ème cycle d’évaluation du GIEC, et de ma participation. Les élections pour le prochain bureau du GIEC auront lieu fin juillet. Il a déjà été acté que le prochain cycle comportera un rapport spécial sur les villes et le changement climatique. La science a une profonde dimension d’émancipation (en anglais, empowerment) : comprendre les changements en cours, explorer les futurs possibles, caractériser les leviers d’actions, fournir des éléments factuels pour éclairer les choix, mais aussi identifier les besoins de faire avancer les connaissances. La lecture de chaque chapitre des rapports spéciaux et complets de l’AR6 permet aussi de comprendre là où il est critique de faire avancer celles-ci.
La préparation de chaque rapport du GIEC fourmille d’intelligence collective, et le travail avec les scientifiques de différentes régions du monde, de différentes disciplines, a été pour moi une joie profonde (malgré la charge de travail).
Beaucoup de personnes me remercient pour le travail du GIEC, et je souhaite transmettre ces remerciements à toutes celles et ceux qui font avancer les connaissances, et leur partage.
En espérant que ce travail colossal aide à prendre la mesure des enjeux, à se les approprier, et devenir acteurs de ces transformations.- FIN
En 2015, Valérie Masson-Delmotte a signé un appel, aux côtés d’une centaine de personnalités internationales, demandant à laisser les énergies fossiles dans le sol pour éviter un « crime climatique », comparé à un crime contre l’humanité.
Tout n’est pas perdu, nous pouvons de façon individuelle mais surtout collective faire en sorte de #sortirDesFossiles. Ça commence par disposer d’une information de qualité et à avoir accès à l’état de l’art des connaissances scientifiques, et à ne pas avaler n’importe quelle connerie produite par des personnes ou des médias indépendants sous prétexte qu’ils se revendiquent « être écolo ». L’éducation est longue, et elle nécessite de l’humilité, pas de la confiance aveugle en des gens incapables de reconnaître leurs limites ou leurs erreurs tels que Reporterre ou Négawatt. Surtout que le grand public n’est pas très doué pour repérer les charlatans, biais cognitifs et autres dérives sectaires dans lesquelles le néolibéralisme (et pas mal de religions qui font leur loi en dehors de la loi) aurait sa place, qui ont toujours des certitudes identitaires hostiles à l’entraide et autres mouvements dérivés du new age très compatible avec le status quo dans les milieux écolos.
L’éducation prend du temps, reconnaître les erreurs des autres semble facile, mais faire le deuil de ses propres erreurs  et savoir les placer dans les influences que l’on subit et que l’on reproduit est bien plus important.
On remarque que cette année enfin on ne laisse plus de place à l’expression de personnes totalement à la ramasse sur le sujet, et les ordres de grandeur commencent à être connus, rien que les 10 tonnes d’équivalent CO2 par personne et par an en France qui doivent devenir moins de 2 tonnes en 2050 si on veut éviter le pire. Pour savoir où vous vous situez et ce qu’il est possible de faire, essayez le site web nos GEStes climat, ou participez à une fresque du climat.
Il faut continuer comme ça, go go go!

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